Un cauchemar. Une pensée dense, noire et abstraite, nouée par la distance.
La carte de la grande Arménie est fugitive mais si lourde, épinglée par l’espoir et
toujours repoussée…
Çà n’arrête pas de bouger, encore un trait qui se défait dos par-dessus tête, quelle
belle difformité, vous êtes en beauté ce soir !
Ils ont encore envie de se battre, certains ont tenté de s’enfuir, et les voilà
lourdement ramenés par paquets, il ne faut pas qu’il manque des bouts tout de
même. Et pourtant, amputés de leur moralité, ils ne desservent que les desseins de
leur tragédie folle.
Quelque part, je me souviens par eux, il y a quelque chose de terrible, je ne parviens
pas à me rappeler.
Il faisait pourtant chaud, un soleil brillant, le ciel était immensément bleu ; j’aime le
rouge.
Il y avait beaucoup de corps disloqués, mais était-ce la guerre ?
Je n’aime pas la guerre et les chefs de guerre qui tirent leur coup dans la calebasse
vide d’un soldat mort.
« Mémoires » Patrick TOUCAS-TERZIAN